Pas de Calais. Littéralement, cela veut qu’il n’y a pas de Calais. a-topos, sans lieu qu’on peut traduire par utopie. L’utopie originellement signifie sans espace. On démantèle le camp des migrants pour réduire le territoire à néant. Calais est l’endroit de l’utopie, l’endroit du désir qui est l’expression du manque (et aujourd’hui du vide), ici du manque de l’Angleterre. De l’impossible Angleterre. Pas de Calais. Un Calais qui n’existerait plus, une utopie. Un Pas de Calais qui raconte la disparition d’un lieu (par la déportation de ses habitants), comme d’un horizon (l’Angleterre) toujours difficile à atteindre, un autre, mon double qu’on veut m’interdire de rejoindre à jamais. Plus on avance, plus il s’éloigne. Plus on s’en rapproche (on voit les côtes anglaises par beau temps, de Calais) plus ça s’éloigne. D’un horizon à l’autre, plus rien n’existerait donc vraiment. Brexit et déportation.
